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Briques de réemploi : quel cadre appliquer ?

  •   04 oct. 2021

Le dernier numéro du magazine Terre cuite et construction évoque les briques de réemploi à travers divers projets en Région bruxelloise et en Flandre mais également dans un article technique de fond, que nous vous proposons ici.

Force est de constater que lorsqu’un bâtiment ancien est déconstruit - pour quelque raison que ce soit – de nombreux matériaux conservent une durée de vie résiduelle et peuvent être récupérés pour une nouvelle utilisation. C’est souvent le cas des matériaux de terre cuite, et notamment des briques anciennes.

Si les 'anciens' avaient souvent recours à la récupération et au réemploi des briques, cette pratique s’est éteinte au fil du temps, hormis peut-être pour les chantiers de maintien des bâtiments du patrimoine ou pour des habitations de style 'fermette'.

Cependant, depuis une dizaine d’années, on assiste en Belgique, à un regain d’intérêt pour les matériaux de réemploi de la part de certains architectes et maîtres d’ouvrage et à l’essor d’une architecture plus contemporaine en briques de récupération. Certes cela reste encore un marché de niche mais la tendance est suffisamment grandissante pour que l’on se penche sur la question du maintien des performances de ces matériaux, des applications dans lesquelles ils peuvent être réemployés et sous quelles conditions.

Doit-on avoir le même niveau d’exigence (tests, certification, performances) que pour les matériaux neufs ou doit-on se satisfaire d’une approche plus empirique ? Le débat reste ouvert et comme nous l’évoquions dans l’avant-propos de ce numéro, il est important de faire appel à l’expérience des acteurs de terrain.

Les politiques, plans, visions des différentes régions du pays mettent de plus en plus en avant l’importance du réemploi des matériaux, sur base d’un inventaire préalable et d’une déconstruction sélective. Pour que ces principes percolent auprès de tous les intervenants du monde de la construction, il faudra augmenter le niveau de confiance envers ces matériaux, notamment en comparaison des matériaux neufs soumis, quant à eux, à un cadre normatif très strict et pour lesquels les caractéristiques déclarées sont très homogènes.

Les briques (neuves) tombent sous le champ d’application de la norme européenne harmonisée NBN EN 771-1 Spécification pour éléments de maçonnerie - Partie 1 : Briques de terre cuite. C’est sur base de cette norme que les caractéristiques essentielles et les performances correspondantes sont définies dans la Déclaration des Performances (DOP) et qu’est apposé le marquage CE. Selon le niveau de fiabilité statistique retenu pour la déclaration de la résistance à la compression, la norme prévoit deux systèmes d’évaluation et de vérification de la constance des performances, à savoir 2+ et 4. La majorité de nos fabricants belges déclarent la
résistance à la compression de leurs briques avec le plus haut niveau de confiance de 95%, le système 2+ étant applicable. Concrètement, cela signifie que leur système de contrôle de la production est certifié par un organisme indépendant notifié à cet effet, avant de pouvoir apposer le marquage CE.

(...)

D’une façon générale, la question juridique de l’obligation ou non d’imposer un marquage CE et de tester les caractéristiques des matériaux de récupération reste ouverte. Le règlement sur les produits de construction s’applique-t-il ? Entrent-ils ou pas dans le champ d’application des normes européennes de produits ? Le
débat n’est pas tranché même si certaines parties prenantes ont pris position par le passé. Notre fédération n’émet pas d’avis juridique en la matière cependant, il nous semble qu’afin d’encourager l’essor de la réutilisation des matériaux de construction (anciens et futurs), il est essentiel de sortir de cette zone grise afin que chacun soit éclairé sur ses responsabilités et que le niveau de confiance du marché gagne en intensité. Espérons que la révision en cours du règlement sur les
produits de construction en tiendra compte et que, par exemple, la définition de 'produit de construction' inclura également les 'produits de construction récupérés'.

Si aujourd’hui les normes de produits ne sont pas appliquées, il n’existe pas non plus, à l’heure actuelle, de cadre normatif spécifique pour le réemploi de matériaux de construction (briques). Nous tenons cependant à mettre en avant, dans cet article, la méthodologie généraliste qui a été développée dans le cadre du projet de recherche BBSM Bâti Bruxellois Source de Nouveaux Matériaux, et appliquée aux briques de terre cuite destinées à être réemployées en parement. La
démarche vise à procurer un niveau de confiance approprié quant à la qualité des matériaux de réemploi pour une application spécifique, tout en faisant preuve de souplesse et de pragmatisme. Le site internet du projet de recherche donne accès à toute une série de deliverables.

 

La suite de cet intéressant article paru dans le n°175 (3/2021) de Terre Cuite et Construction est à lire ici.

 

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