Etude de cas : Siège du Mouvement Ecologique, Luxembourg-Pfaffenthal (stdm) | circubuild.be

Etude de cas : Siège du Mouvement Ecologique, Luxembourg-Pfaffenthal (stdm)

  •   11 oct. 2021
  • Michel Charlier

Les bureaux du Mouvement Ecologique Luxembourgeois, installés dans de vieux murs insalubres et sans cachet, devaient initialement être restaurés. Le choix a cependant été fait d’une nouvelle construction, co-financée par la Ville de Luxembourg et l’Etat à condition que le bâtiment soit exemplaire à tous niveaux : écologique, énergétique, reproductible et financièrement abordable. A la manœuvre, le bureau luxembourgeois STEINMETZDEMEYER architectes urbanistes (stdm).

 

Les réponses ont été données par Nico Steinmetz et Arnaud De Meyer, architectes associés du bureau STDM. Certains éléments proviennent de l’ouvrage ‘Une ligne circulaire’, publiée par le bureau STDM en 2020.

La construction compacte, située en milieu urbain historique et proposant une mixité acier-béton-bois, s’élève sur 4 niveaux hors-sol, est complètement passive. Divers principes de l’économie circulaire ont été mis en œuvre pour sa réalisation.

En quoi le bâtiment est-il circulaire ?

Dans le travail mené en équipe entre architectes et bureaux d’études, le maître d’ouvrage a apporté sa pierre à l’édifice en réalisant une analyse écologique incluant, entre autres paramètres, l’empreinte carbone, la composition des matériaux et le cycle de vie complet de ceux-ci. L’émulation de ces recherches a également induit la réflexion autour de la déconstruction, des assemblages et des habillages mécaniques se séparant facilement et de l’utilisation la plus réduite possible de matériaux mixtes ou agglomérés : l’acier et le bois, qui permettent des assemblages mécaniques simples favorisant le réemploi (ou le recyclage), ont été utilisés pour la mise en œuvre d’éléments de planchers préfabriqués à caissons multiples et pour les façades à ossature bois. Les matériaux retenus présentent également des valeurs favorables et optimales en matière de durée de vie, de fabrication, d’origine, de qualité de transmission thermique, de mise en œuvre, de rejet de gaz à effets de serre, de consommation d’énergie grise, d’acidification, de réutilisation …

Quel a été le plus grand défi ?  

Trouver la meilleure solution au niveau de l’écologie, du développement durable et de l’économie circulaire, tout en restant abordable financièrement et pas trop complexe techniquement. Nous avons dû trouver l’équilibre entre un budget que le maître d’ouvrage estimait ‘raisonnable’ et les ‘meilleurs’ résultats possibles. Ce bâtiment, que la Ville voulait exemplaire, devait respecter un coût acceptable, de manière à rendre les solutions reproductibles pour d’autres projets.

Pour comprendre quelles techniques de construction et d’assemblage seraient les plus appropriées pour ce bâtiment-là à cet endroit-là, nous avons réalisé quatre versions sommaires en parallèle, quatre scénarii différents, du bâtiment le plus massif au bâtiment le plus léger, notamment pour les questions énergétiques et thermiques. Le bois est intéressant sous certains aspects mais l’inertie thermique du béton permet au bâtiment de se refroidir plus facilement, par exemple. Il a fallu de nombreuses discussions entre le maître d’ouvrage, les futurs utilisateurs du bâtiment, le conseiller en écologie-énergie-développement durable et nos ingénieurs, qui devaient assumer ensuite le résultat de leurs calculs. C’était un long processus d’échanges et d’écoute, ouverts et constructifs.

Quelles leçons avez-vous tirées ?

Qu’il n’y a pas une seule solution, une seule méthode mais qu’il faut rester cohérent dans la démarche que l’on a choisie. Il faut jongler avec des contradictions, notamment entre des objectifs différents ou des matériaux différents, ou encore entre développement durable et économie circulaire. Si l’on opte pour du circulaire, on peut utiliser des matériaux qui vont moins dans le sens du développement durable, mais à la condition qu’ils aient une grande longévité afin d’assurer la durée de vie du bâtiment. On doit assembler de manière cohérente et logique les éléments du puzzle pour arriver à un tout qui tient la route et qui est simple à comprendre et à utiliser. De plus, en économie circulaire, les choses ne cessent d’évoluer et des paramètres peuvent être différents d’un produit à un autre, d’un site à un autre. Il faut constamment s’adapter, tant dans l’architecture que dans notre esprit.

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Mouvement Ecologique

Architectes : STDM (STEINMETZDEMEYER architectes urbanistes)

Bureaux d’études : T6 – Ney & Partners, Jean Schmit Engineering

Entrepreneurs généraux : Marsant (gros-œuvre) et Prefalux (construction bois)

Timing : 2014

 

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