« L'avenir est aux façades circulaires ! » | circubuild.be

« L'avenir est aux façades circulaires ! »

  •   22 janv. 2021
  • Filip Van der Elst

Dans le secteur de la construction, on réfléchit à la question des façades autrement qu'il y a dix ans. Les experts semblent être parfaitement d'accord sur la direction que prendront dorénavant les conceptions de façades : pas d'architecture 'jetable', mais une réflexion à plus long terme, des façades circulaires et enfin une attention à la maintenance et au coût total de possession (CTP).

 

Il n'est plus possible d'éviter ce mouvement de fond : d'ici dix ans, chaque nouvelle façade devra être circulaire. Cela signifie-t-il que certains matériaux vont disparaître ? « Un changement de mentalité est déjà en cours car les matériaux qui ne sont pas produits de manière écologique disparaissent », note Dirk Driesmans (Q-BUS Architectenbureau). « Néanmoins, la réflexion à court terme est encore trop souvent prédominante chez les promoteurs. C'est pourquoi les gens utilisent des matériaux classiques, car ils sont abordables et 'suffisamment bons'. »

Pour Peter Cornoedus (PCP Architects), un produit facile à entretenir n'est pas nécessairement cher. « Le matériau le moins cher dans la construction traditionnelle reste la brique, qui est un produit très durable. De plus, les promoteurs se rendent de plus en plus compte qu'il faut offrir de la qualité. Un bâtiment durable, écologique et facile à entretenir est rentable. Nous conseillons donc aux promoteurs d'opter pour de nouveaux matériaux, car il y a certainement un public pour cela. »

Démontabilité et CTP

L'émergence de la construction circulaire signifie inévitablement que les matériaux démontables ont un avantage, selon Caroline Christiaens (Tata Steel): « De nombreux fabricants se concentrent sur le recyclage, mais les matériaux doivent avant tout être produits pour durer le plus longtemps possible. Ces matériaux ne doivent pas nécessairement faire partie du même bâtiment. La démontabilité en est une conséquence logique. » Ceci étant, ce principe n'est pas évident dans tous les secteurs. Pour Roeland Mondelaers (Kingspan Insulation), « aucun matériau isolant ne peut être entièrement réutilisé. Pour les fabricants d'isolants, le démontage n'est donc pas toujours facile. C'est pourquoi nous réfléchissons à des questions telles que 'comment réutiliser notre produit après vingt ou trente ans' ? »

L'accent étant de plus en plus mis sur la circularité, il est également important de prendre suffisamment en compte l'entretien et le coût total de possession (CTP). Cela se passe-t-il réellement comme cela dans la pratique ? «Nous partons toujours avec de bonnes intentions, mais malheureusement certaines choses sont abandonnées en cours de route pour des raisons budgétaires », admet Maaike Berckmoes (VK Façade Engineering). « Un facteur important est le niveau d'ambition précis des clients et des promoteurs au début d'un projet. À partir de cela, les décisions de conception sont traitées de manière totalement intégrée par l'équipe multidisciplinaire, la maintenance et le CTP étant de ce fait toujours des paramètres directeurs pour la conception des bâtiments. Bien que nos conceptions prennent toujours en compte toute la durée de vie, les analyses CTP - en partie en raison de l'évolution vers une économie circulaire - servent de plus en plus de base aux choix de conception pour les dossiers de concours et pour les projets. »

Entretien et réflexion à long terme

« Parmi les jeunes générations, on voit clairement un changement de mentalité et il y a beaucoup plus de réflexion à long terme », explique Hubert Bijnens (AROgroup architectuur). « Les jeunes remettent en question des choses que nous pratiquons depuis des années. En tant qu'architectes, nous devons y apporter une réponse : plus d'architecture 'jetable', mais une construction durable, tournée vers l'avenir et facile à entretenir. »

Les fabricants constatent également que l'entretien joue un rôle de plus en plus important et que les façades doivent plus que jamais résister à l'épreuve du temps. Un bon exemple est celui des briques imprégnées avant de quitter l'usine, afin d'être protégées contre la pollution et le gypsification. Bien qu'il reste encore beaucoup de travail à faire, si l'on en croit Caroline Christiaens : « Même quand les choses se passent bien, la question financière est souvent au centre des discussions. Lorsqu'on doit choisir entre une garantie sur dix ou quarante ans, on constate que le choix se porte malheureusement trop souvent encore sur le court terme. »

« Dans toutes nos conceptions, nous devons aller dans cette direction », affirme Peter Cornoedus. « Les exigences imposées pour l'enveloppe d'un bâtiment changent d'année en année. Peut-on encore construire des bâtiments qui dureront facilement deux cents ans en matière de durabilité de l'enveloppe ? Une solution provisoire possible est de réaliser des façades adaptables, sans avoir à démolir tout le bâtiment. »

Cet article est basé sur une table ronde organisée par architectura.be. 

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