Le biomimétisme au cœur de la façade de l'Institut du Monde Arabe | circubuild.be

Le biomimétisme au cœur de la façade de l'Institut du Monde Arabe

  •   07 janv. 2021
  • Wouter Polspoel

Le pare-soleil de la façade sud de l'Institut du Monde Arabe à Paris s'inspire du fonctionnement de l'œil humain et mérite donc un article dans cette rubrique consacrée au biomimétisme dans la construction et l'architecture.

 

Au début des années '80, Jean Nouvel, en collaboration avec Architecture Studio, remporte le concours de design de l'Institut du Monde Arabe de Paris. Ce centre de connaissances sur le monde arabe est une initiative du gouvernement français et de dix-huit pays arabes. Achevé en 1987, le bâtiment abrite un musée, une bibliothèque, un auditoire, des bureaux, des salles de réunion et un restaurant.

Des centaines de diaphragmes sensibles à la lumière

L'attention portée aux détails de la façade est typique du travail de Jean Nouvel. Pour la façade sud de l'Institut, l'architecte a proposé un système de protection solaire inspiré de l'œil humain. Le système métallique imite le fonctionnement de l'iris. Il contient plusieurs centaines de diaphragmes sensibles à la lumière qui contrôlent de manière réactive la quantité de lumière pénétrant dans le bâtiment en fonction des conditions météorologiques. La quantité de lumière du jour à l'extérieur et la température jouent donc un rôle déterminant.

En raison de son effet spécifique, la protection solaire génère également des motifs visuels fascinants vus de l'extérieur. C'est que la géométrie de la lentille change constamment : motif quadrangulaire, puis cercle ou octogone. L'effet se remarque aussi à l'intérieur du bâtiment, grâce au jeu dynamique de la lumière sur les murs, les plafonds et les sols.

Nouvel a également prêté attention au contexte dans lequel il a conçu. Là où le fonctionnement du système copie l'œil humain, son apparence s'inspire d'un élément archétypal de l'architecture arabe : le moucharabieh, une grille décorative traditionnellement composée de tiges de bois torsadées et de sphères. Dans la culture islamique, les moucharabiehs ont été utilisés pendant des siècles comme grilles pour protéger les fenêtres, les portes et les baies vitrées des maisons, des mosquées et des palais.

La façade sud de l'Institut du Monde Arabe à Paris est un bel exemple de la complexité des systèmes techniques qui peuvent aussi avoir une grande expression architecturale.

 

Source : archdaily.com

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