D’autres formats sont-ils nécessaires pour mettre en pratique la construction circulaire? | circubuild.be

D’autres formats sont-ils nécessaires pour mettre en pratique la construction circulaire ?

Pour mettre en pratique la construction circulaire, il faut essayer d’avoir des dimensions  standardisées.

Aujourd’hui, il est difficile de réutiliser des produits de construction parce qu’ils ont été fabriqués spécifiquement pour un contexte précis. Les menuiseries extérieures, par exemple, sont presque toujours réalisées sur mesure. Si vous souhaitez réutiliser un cadre de fenêtre existant dans un autre projet, vous devrez concevoir le bâtiment en fonction de ce cadre existant. On réfléchit donc toujours à l’envers. Nous devons donc travailler d’une manière différente.

De plus, combiner des produits recyclés est difficile car leurs dimensions ne sont pas assorties. Cela engendre beaucoup de déchets de coupe, qu’il faut éviter pour arriver à fermer le cycle des matériaux.

Un formatfixe peut aider dans les deux cas. Mais il est important que la définition de certaines dimensions ne se fasse pas uniquement au sein d’une même discipline, sans tenir compte des souhaits et surtout des exigences des autres disciplines. La taille et la forme d’une installation technique ont également des répercussions sur la stabilité et sur l’architecture.

Un autre avantage des éléments interchangeables ou compatibles est que les composants endommagés peuvent être remplacés par des composants compatibles similaires ou par de nouveaux composants même pendant l’utilisation du bâtiment, ce qui prolonge la durée de vie de celui-ci.

L’architecte néerlandais John Habraken a introduit par exemple un module de 30 cm. Toutes les tailles modulaires plus grandes doivent être un multiple du module de base. Des tailles plus petites que le module de base doivent en être un dérivé, obtenu en divisant le module de base par deux. Un autre exemple est le gabarit issu de la stratégie de conception Hendrickx-Vanwalleghem. Mieke Vandenbroucke écrivait à ce sujet dans la publication consacrée aux 23 lignes directrices pour une construction orientée vers le changement que « ce gabarit de forme et de dimensionnement utilise des séries de multiplication et de division par deux et fournit donc un outil de conception simple qui permet aux produits d’être correctement ajustés l’un à l’autre. »

Il est important de veiller à ne pas évoluer vers un système constructif fermé. Dans un tel système, si nous voulons réutiliser les matériaux d’un projet dans un autre projet, seule une configuration similaire de ces matériaux est possible, ce qui limite bien sûr la liberté de conception. Les systèmes constructifs fermés ont été très populaires après la Seconde Guerre mondiale, mais ont abouti à des bâtiments assez uniformes et monotones, constitués d’un nombre limité de grands composants de construction. Avec des formats fixes, nous pouvons toujours travailler selon un système constructif ouvert, grâce auquel les matériaux peuvent être parfaitement réutilisés dans d’autres configurations.

FAQ - Vue d'ensemble

Réponse de

Mieke Vandenbroucke (VIBE) & Ruben Van Daele (Bopro)