La construction circulaire n’est-elle possible qu’avec des matériaux ayant une longue durée de vie ? | circubuild.be

La construction circulaire n’est-elle possible qu’avec des matériaux ayant une longue durée de vie ?

Non, la construction circulaire n’est pas uniquement possible qu’avec des matériaux ayant une longue durée de vie.

En 2015, Mieke Vandenbroucke écrivait, dans une publication consacrée aux 23 lignes directrices concernant la construction orientée vers le changement que « la réutilisation des composants du bâtiment ne peut se faire qu’à la condition que la matérialisation de ces composants le permette également physiquement. La réutilisation fréquente des composants n’est possible que lorsque des matériaux durables ont été utilisés, des matériaux qui doivent durer longtemps et doivent résister à l’usure et aux dommages liés au transport et à la réutilisation. Selon la fonction future, d’autres propriétés des composants doivent également continuer à être satisfaisant, par exemple la qualité esthétique. »

La durée de vie technique d’un composant de construction est donc sans aucun doute un critère d’évaluation important pour déterminer si un composant peut encore être réutilisé, mais il n’est pas pour autant crucial.

Car la construction circulaire est également possible avec des matériaux biologiques. Les balles de paille ou le roseau peuvent par exemple être utilisés comme matériau isolant. Ils peuvent avoir une durée de vie plus courte, mais ils sont compostables et renouvelables. Il est cependant parfois nécessaire d’avoir des températures plus élevées que dans un simple bac à compost de jardin et un broyage est souvent nécessaire pour accélérer le processus de compostage.

Nous devons affirmer que la durée de vie plus courte des matériaux biologiques est une hypothèse. Car nous n’avons pas vraiment d’informations techniques officielles concernant cette durée de vie moyenne, en raison d’un manque de recherches à ce sujet.

Il est faux de penser ou de dire que tous les produits biosourcés ou à base de matières premières renouvelables sont inoffensifs pour la nature pendant le compostage. C’est le cas par exemple des produits à base de bioéthanol, une matière produite à partir de la canne à sucre. Au cours du processus de production, on obtient un produit dérivé de plastique qui ne peut pas être composté. Ou pensez aux produits qui contiennent un pourcentage élevé de matières premières renouvelables, mais aussi un petit pourcentage d’additifs, comme les sels de bore. Ces sels rendent dangereux le retour du produit  à la nature. Ces matériaux ne font donc pas partie du cycle biologique.

Important également : si la durée de vie technique des composants issus du cycle biologique, par exemple un matériau d’isolation biologique toujours performant lors de la déconstruction d’un projet, n’est pas encore atteinte, la réutilisation des composants prime sur le compostage. De cette façon, on évite l’impact environnemental de la récolte, du traitement et du transport de nouveaux matériaux d’isolation biologique.

Pour les matériaux qui ne sont pas biodégradables et qui font donc partie du cycle technique, une utilisation maximale, pendant toute la durée de vie technique, est un must. Lorsque la durée de vie technique est atteinte, le matériau doit être recyclé en haute qualité ou être surcyclé en un nouveau produit. Ce processus de traitement nécessite de l’énergie et est donc analogue à la récolte de nouveaux matériaux biologiques, c’est à dire un second choix. Les matériaux non surcyclables n’appartiennent pas réellement à l’un des deux cycles et ne peuvent donc pas être qualifiés de circulaires. Ils doivent donc être évités.

FAQ - Vue d'ensemble

Glossaire

Réponse de

Mieke Vandenbroucke (VIBE) & Bart Humbeeck (Pixii)