Qu’est-ce que Madaster ? | circubuild.be

Qu’est-ce que Madaster ?

Partant de l’idée que les déchets ne sont ni plus ni moins que des matières premières qui retombent dans l’anonymat, on a créé Madaster, une plateforme numérique qui fonctionne à la fois comme bibliothèque et comme générateur de passeports matériaux.

Le concept de ‘produit en tant que service’ peut réduire le gaspillage et les déchets, mais il ne peut pas les empêcher complètement. Il faut donc mieux appréhender la gestion des matières premières si l’on veut mettre un terme définitif à la destruction des matières premières dans notre système fermé.

La transition vers un monde où l’on ne construira que de façon circulaire a démarré, mais il y a encore du chemin à parcourir. Aujourd’hui, lorsqu’un produit ou un bâtiment est considéré comme sans valeur, c’est comme si tous les matériaux transformés perdaient leur droit d’exister. On ne parle alors que de déchets. Les particularités et les propriétés des matériaux qui y sont utilisés - des informations précieuses au départ - tombent dans l’oubli et on ne fait rien de ces matériaux, qui pourraient pourtant, la plupart du temps, être réutilisés.

Heureusement, il semble que l’on commence à percevoir l’importance de ce gaspillage. A partir de cette prise de conscience, une attention croissante a été accordée ces dernières années à une méthode connue sous le nom d’Urban mining. Une ville (ou une zone densément bâtie) est - à juste titre - considérée comme une mine aux gigantesques réserves de ressources naturelles. Mais ces méthodes consistent uniquement à réaliser un inventaire et à sauver ce qui peut encore être sauvé. Personne ne sait exactement combien, où et quelles matières premières se trouvent dans une ‘mine urbaine’, car personne ne l’a jamais décrite. De plus, la production n’a jamais été anticipée à ce stade; les produits ne sont pas conçus de manière à pouvoir être démontés facilement et sans perte de valeur, et encore moins remontés. Au contraire, les différents composants sont souvent collés de manière tellement complexe lors du processus de production qu’il est très difficile de récupérer des matières premières de manière individuelle. Cela demande tellement de travail qu’il devient trop coûteux pour les entreprises de recyclage de récupérer dans les déchets les différents matériaux dans leur valeur d’origine. Elles optent dès lors toujours pour l’incinérateur.

En d’autres termes, de telles méthodes peuvent partiellement réparer les effets négatifs à la fin de la chaîne actuelle, mais ne modifient pas la chaîne elle-même. Le problème est quelque peu limité, mais jamais éliminé. On lutte donc contre les symptômes et non contre la maladie…

Pour garantir que les matériaux et les matières premières ne soient plus jamais perdus, plusieurs acteurs européens ont conçu le ‘passeport matériaux’ en 2011, un passeport dans lequel tous les matériaux, les matières premières utilisées et les composants d’un produit ou d’un bâtiment sont enregistrés, ainsi que des informations sur leur emplacement, leur potentiel de recyclage... En 2017, à l’initiative de la Fondation Madaster (une fondation néerlandaise à but non lucratif), un cadastre des matériaux a été créé : Madaster. Il s’agit d’une base de données en ligne accessible à tous - particuliers, entreprises, pouvoirs publics et scientifiques - dans laquelle l’identité et les ‘lieux de résidence’ temporaires des matériaux sont répertoriés sous la forme de passeports matériaux. Ces passeports sont ensuite enregistrés et conservés dans des archives centrales. De cette façon, l’environnement bâti est entièrement répertorié numériquement et en détail. On sait donc avec certitude que l’identité des matériaux est réellement identifiée et reconnue, de sorte que sa réutilisation est facilitée de la manière la plus qualitative possible.

FAQ - Vue d'ensemble

Glossaire

Réponse de

Wouter Polspoel (Palindroom)